Établir un cadre clair sans devenir rigide : la force tranquille du leadership
- Stéphane AVJ Courtemanche

- 27 mai 2025
- 4 min de lecture
(The English version follows)
« Sans boussole, même les meilleurs navigateurs finissent par dériver. »
Dans la plupart des équipes performantes, il ne manque ni talent ni volonté. Ce qui fait souvent défaut, c’est un cadre de référence partagé, clair et vivant. Un cadre qui soutient plutôt qu’il n’enferme. Or, poser ce cadre est un acte de leadership fondamental, souvent sous-estimé.
🔍 Trois situations révélatrices:
Situation 1 : Vous entamez un nouveau rôle. Vous devez poser vos repères. Trop de souplesse ? On vous teste. Trop de rigidité ? On se ferme.
Situation 2 : L’équipe traverse une période trouble. Chacun tire dans sa direction. Résultat : désalignement, conflits latents, fatigue.
Situation 3 : Un collaborateur dépasse les bornes, subtilement mais à répétition. Il faut réagir sans sombrer dans le contrôle étouffant.
Dans ces contextes, le besoin n’est pas de serrer la vis, mais de clarifier le jeu. Un cadre bien posé protège la qualité des relations et la performance durable.
🎯 Objectif : Clarifier pour libérer, pas pour contraindre
Un bon cadre n’est ni une prison, ni un laisser-aller. C’est une structure évolutive qui oriente l’action, offre de la sécurité psychologique, et rend les responsabilités visibles.
Comme le dit Brené Brown :
« Clarity is kindness. »
🧭 Clés d’action : tracer une ligne claire mais vivante
1. Distinguer règles et principes
Les règles fixent des limites concrètes : horaires, délais, budgets.
Les principes donnent du sens : transparence, respect, orientation client.Trop de règles étouffent. Trop peu de principes désorientent. Trouvez l’équilibre.
« Les règles sont faites pour être respectées. Les principes, pour être incarnés. »
2. Formuler le cadre en langage positif
Plutôt que de dire « il est interdit de… », privilégiez :
« Voici ce qu’on attend, ce qui est possible, et ce qui soutient notre mission. » Cela encourage la responsabilisation plutôt que la soumission.
3. Adopter un ton de collaboration, pas de contrôle
Le cadre est un contrat de clarté, pas une menace. Formulez-le avec vos collègues, pas contre eux. Plus il est co-construit, plus il est respecté.
4. Rappeler le "pourquoi" du cadre
Ancrer le cadre dans un besoin partagé donne du sens :
« On met cela en place pour éviter les doublons, et pour qu’on puisse livrer à temps sans s’épuiser. »
5. Prévoir une marge de manœuvre
Un bon cadre respire : il permet l’adaptation aux réalités du terrain. On peut dire :
« Voici le cadre de base. Si une situation l’exige, on peut en parler. »
💡 Le vrai leadership structure sans enfermer
Un leader mature nomme les contours pour mieux libérer l’action. Il ne cherche pas à tout contrôler, mais à rendre les balises visibles, adaptables et compréhensibles.
« Un cadre bien posé est comme une rivière bien canalisée : il permet au courant de gagner en force, sans déborder. »
📌 En résumé
Un bon cadre sécurise sans brider.
Il favorise la responsabilisation, la clarté et l’initiative.
Il est vivant : co-construit, explicite et adapté au contexte.
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Setting a Clear Frame Without Becoming Rigid: The Quiet Strength of Leadership
“Even the best sailors drift without a compass.”
In high-performing teams, talent and goodwill are rarely the issue. What’s often missing is a shared, clear, and living frame—one that supports rather than restricts. Defining that frame is a core act of leadership, frequently underestimated.
🔍 Three revealing scenarios:
Scenario 1: You’ve stepped into a new role. You need to define expectations. If you’re too flexible, you get tested. Too strict, and people shut down.
Scenario 2: The team is in a fog. Everyone interprets priorities differently. The result: misalignment, confusion, latent tensions.
Scenario 3: A team member keeps pushing boundaries. You must respond—without slipping into micromanagement.
In all these cases, the need is not to tighten control, but to clarify the rules of the game. A well-set frame protects both team cohesion and sustainable performance.
🎯 Objective: Clarify to empower, not to constrain
A good frame is neither a cage nor a free-for-all. It is an evolving structure that brings direction, psychological safety, and visible ownership.
As Brené Brown puts it:
“Clarity is kindness.”
🧭 Actionable Keys: Draw a clear yet flexible line
1. Distinguish rules from principles
Rules establish boundaries: schedules, deadlines, budgets.
Principles give meaning: transparency, respect, client focus.Too many rules suffocate. Too few principles confuse. Find the right balance.
“Rules are meant to be followed. Principles are meant to be embodied.”
2. Frame things in positive language
Rather than saying “you must not…”, try:
“Here’s what’s expected, what’s possible, and what supports our mission.”It encourages ownership over mere compliance.
3. Use a collaborative tone, not a controlling one
The frame is a contract of clarity, not a threat. It’s more likely to be respected when co-designed rather than imposed.
4. Explain the "why" behind the frame
Anchoring the frame in shared purpose makes it easier to accept:
“We’re putting this in place to avoid duplication and help us deliver on time without burnout.”
5. Leave breathing room
A good frame breathes: it allows flexibility when needed. You might say:
“This is the baseline. If the situation calls for it, let’s talk.”
💡 True leadership structures without suffocating
A mature leader draws the contours to free action—not to restrict it. The goal is not control, but clarity, security, and focus.
“A well-drawn frame is like a channeled river: it helps the current gain strength—without overflowing.”
📌 In summary
A good frame secures without stifling.
It promotes clarity, accountability, and initiative.
It is living: co-constructed, context-aware, and transparent.



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